J’ai sex’té pour vous… écrire des histoires érotiques en direct

Un public survolté, 4 auteurs sur le devant de la scène, un animateur aux consignes alambiquées, un papier et un stylo. Faites cuire le tout 10 minutes, le temps que chaque écrivain puisse gribouiller quelques phrases sur sa feuille et lancez-les dans le grand bain, à la merci de la foule.

Voilà le concept de l’Amour d’Ecrire en Direct, spectacle organisé par Marc-Michel Georges depuis 7 ans déjà !

Quand Marc-Michel m’a proposé d’y participer en tant qu’écrivain (moi qui avait toujours pensé être une écrit-vaine) j’ai accepté sans réfléchir, extrêmement flattée de la demande. C’est seulement 10 minutes après que ma raison m’a rattrapée, complètement paniquée : « Tu peux m’e-X-pliquer dans quoi tu viens de t’EMBARQUER là, exactement ??? ». 

Embarquement immédiat pour un saut dans le vide

Ce qui est bien quand on a (que) 10 minutes de temps d’écriture, c’est qu’il est impossible (ou presque) de pondre un chef d’oeuvre abouti. Il devient donc vital de se concentrer sur une ou deux astuces amusantes, un jeu de mot bien calé, un trait d’humour ou une tournure intelligente… et quand l’idée ne vient pas – non, ce n’est pas vrai, une idée vient toujours – mais quand ce n’est pas LA bonne idée qui vient, alors tant pis, on l’accueille à bras ouverts – elle a quand même eu le mérite d’être là au bon moment et au bon endroit – on va la polir, la lisser, l’élargir, la mettre en mot… et surtout (le plus difficile) on va l’assumer !

Le principal c’est de participer

Et dans ce cas, c’est bien vrai ! Quoiqu’on ai écrit, le plus important c’est d’affronter sa petite peur du jugement, d’aller au devant de la scène… et d’oser.

Et tant pis si on se prend les pieds dans le tapis ! Le public bienveillant applaudit toujours, au moins l’effort.

Et ça Marc-Michel l’a bien compris. A la fin du spectacle, il fait même monter des gens du public pour venir défendre leurs écrivains en tant qu’ « avocat »… une belle façon de montrer que chacun peut se mettre en avant et braver sa peur des projecteurs.

Un grand bravo à Esteban Perroy, Sandra Reinflet et Delphine Gustau, mes co-écrivants, qui ont réussi l’exercice avec brio.

Mes bafouilles

TEXTE 1 

Commencer par « En contemplant le ciel bleu, dans l’encadrement de la fenêtre… »

Le personnage s’appelle Robert, cela se passe à la mer, et le « mât » est un élément important du texte.

Temps d’écriture : 10 min

En contemplant le ciel bleu, dans l’encadrement de la fenêtre, Robert tenait son mât dans le cul de sa mère. Alors oui ! Robert avait toujours rêvé d’autres horizons, il s’était maintes et maintes fois imaginé son poteau dans une anguille frétillante ou sa bite d’amarrage coincé dans le creux d’une sirène. Mais voilà, Robert n’y arrivait pas. Il ne pouvait dépasser le début d’un VAGUE flirt ou d’un baiser timide déposé sur une joue de passage. Les filles ne mouillaient pas chez Robert, enfin je veux dire, ne s’amarraient pas longtemps chez lui. Ses yeux terrifiants étaient cachés par mèche grasse et hirsute. Sa barbe broussailleuse masquait ses joues tombantes et ses mains, même ses mains, étaient velues.

Alors quand son écume s’est déversé, Robert a eu comme le mal de mère.

 

TEXTE 2

Une femme monte sur scène puis retourne à sa place.

Il faut lui trouver un prénom et lui dire pourquoi elle est importante pour nous.

PAS DE VERBE. (WHAAAAT ?)

Temps d’écriture : 10 min

Son prénom ? Gisèle. En deux mots, en fait. Mais, pour les explications… après ! Elle, une femme sur scène et puis… plus là. Une sorte de fantôme, d’apparition. Elle, une femme b-ELLE. Des lunettes… un jean… un sourire. Et puis, sa disparition. Sans elle, pas de texte, pas d’écriture, pas de spectacle.

Gisèle, son entrée en trombe, une sortie dans l’ombre, mais sur la tombe, pas de prénom, seulement

« Ci git-ELLE » ou Gisèle…

TEXTE 3

Ecrire un dialogue, lu en binôme avec une personne du public

Commencer par « Je cherche une fiat couleur vert d’eau ».

(Fin soufflée par D’Ange Heureux Poète )

Temps d’écriture : 10 min

Elle – Je cherche une Fiat couleur vert d’eau

Lui – Pourquoi ? Tu la prédestines déjà à couler en mer ?

Elle – Mais non, la mer, l’écume… tout ça, c’est une autre histoire, Robert !

Lui – D’accord. Pourquoi une fille-hâte alors ? J’en connais des filles pressées, des filles impatientes, des filles cul-rieuses, mais une fille-hâte, j’en ai pas dans mon répertoire.

Elle – Tu ne me comprends jamais !

Lui – Mais je prends ton con souvent !

Elle – Ecoute, pour une fois que je m’intéresse aux véhicules, tu ne fais aucun effort !

Lui – Ecoute, pour une fois que je veux t ‘encul… euh te serrer fort !

Elle – Je veux m’en aller !

Lui – Je veux t’embrocher !

Elle – Je te quitte Robert !

Lui – Garde ma bite, ma chère !

Elle – Et pourquoi donc la prendrai-je avec moi ?

Lui – Parce qu’elle démarre au quart d’amour…

5 Comments

  1. Ca semble intéressant comme exercice. Les résultats sont pas mal du tout, surtout dans ces conditions.

  2. Le premier texte est réussi. C’est pas l’homme qui prend la mer mais la mer qui prend l’homme. Poésie et crudités vont bien ensemble. ..

  3. Name c’est nom et prénom c’est first name . Isn’t it?))

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