J’ai sex’té pour vous… Un OVNI « sexo » du cinéma français

Parler de cul et de curé, c’est la mission dans laquelle s’est lancé le réalisateur de film Jérôme Soubeyrand avec « Ceci est mon corps » : un pari difficile mais néanmoins… réussi !

Ca parle de quoi ?

En quelques lignes, c’est la découverte de l’univers (très large) de la sexualité par un prêtre (un peu à côté de ses souliers !).  Il va rencontrer Marlène, une femme délurée, extravagante, bien dans sa tête et dans son corps, qui va l’initier aux plaisirs charnels et à la séduction.

Mais, on en parle jamais de « ça » ?

CECI_2« Ca », c’est la sexualité au sein de la religion. Ce serait comme parler de « régime » dans un MacDo, c’est un peu cruel et drôle à la fois ! Mais Jérôme a raison : le sacrifice sexuel que demande certains dogmes religieux mérite d’être révélé au grand jour.

Dans le code de droit canonique de 1983 (et donc établi il y a tout juste 30 ans, c’est pas si moyenâgeux que ça…) :

« Can. 277 – § 1. Les clercs sont tenus par l’obligation de garder la « continence parfaite et perpétuelle » à cause du Royaume des Cieux, et sont donc astreints au célibat, don particulier de Dieu par lequel les ministres sacrés peuvent s’unir plus facilement au Christ avec un cœur sans partage et s’adonner plus librement au service de Dieu et des hommes. »

Et oui ! A l’heure d’une société hypersexualisée et très libre dans ses pratiques, les prêtres « pour s’adonner plus librement au service de Dieu et des hommes » jouent encore le jeu de l’abstinence.

Situation absurde ou sacrifice nécessaire ? C’est à vous de juger !

Un ton très original 

S’il y a un message à retenir de ce film, c’est que : « vivre librement et véritablement sa sexualité nous épanoui.». Non seulement, il est toujours bon de rappeler cette phrase pleine de bon sens (mais pas si évidente pour tout le monde !),  mais c’est surtout la façon de le dire qui m’a intéressée. C’est un mélange de candeur, de poésie et de situations insolites portées par des personnages-entiers-et-pas-stéréotypés. Le tout est entrecoupé d’interviews socio-philosopho-sexo-historique (dont on ne comprend pas toujours le rapport avec le film, mais qu’on savoure bien quand même.).

Si vous voulez un listing des thèmes abordés dans le film, je dirais pêle-mêle : plaisir féminin et masculin, homosexualité, identité sexuelle, grossesse, libertinage, jalousie, amour, désir etc. , si vous voulez le ton, ce serait : joyeux, un peu intello mais pas trop, léger, comique, touchant.
Bref c’est un gros bisou sur la bouche de La Vie (avec la langue), et ça fait du bien.

La simple prestation de Marina Tomé (juste, vraie, jouissive) justifie le tarif d’entrée.

Mon conseil : Allez voir ce film si vous avez passé une mauvaise journée, ça ira forcément mieux après. Et pourquoi pas emmener vos ados là-bas ?

En salle au cinéma La Clef – Paris

PS: si vous voulez rencontrer Jérôme, il sera à mes écrits polissons mercredi 11 mars.

 

 

1 Comments

  1. Après avoir vu la bande annonce, je n’avais qu’une envie, le voir ! Maintenant, ça fait plus que me démanger !

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